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Dans le champ de colza

    Quels oiseaux trouver dans les champs de colza et comment les approcher pour les photographier ? Je vous raconte mon expérience sur près de trois mois ! Conseils à retrouver en fin d’article.

    Depuis que je photographie la nature, je n’ai jamais fait autant attention à ce qui se passe autour de moi. J’enfonce peut-être une porte ouverte, mais ce n’est en fait pas si évident. Jusqu’à lors, je me concentrais surtout sur le sujet. C’est bien sûr important. Reste que plus je photographie, plus c’est le cadre qui m’intéresse. Et là, je me suis rendu compte que la palette de couleurs suit le rythme des saisons. Au gris-brun de l’hiver succèdent les nuances de vert de l’été… jusqu’à l’ennui ! Entre les deux, l’automne et le printemps offrent l’occasion de trouver des teintes étonnantes sur une fenêtre de temps qui n’est en réalité pas si grande. Bref, il faut être là au bon endroit au bon moment !

    Lorsque j’ai vu que dans le champ attenant à notre jardin poussaient des plantations de colza, j’ai compris où il fallait que je sois. Les fleurs jaune vif et l’alignement des plants allaient faire de belles images, me suis-je dit. J’avais parlé trop vite.

    Appel à un ami

    Un bel environnement, c’est une chance, mais encore faut-il qu’il soit habité. L’année dernière, j’avais remarqué que les Fauvettes grisettes étaient souvent présentes dans les champs, mais c’était au moment où les fleurs avaient déjà fané. Qui allait bien vouloir venir prendre la pose ?

    Beaucoup d’espèces peuvent fréquenter les champs de colza pendant la période de floraison, mais la plupart restent au sol pour se nourrir. C’est le cas des Pipits farlouses, des Alouettes des champs et des Merles noirs. Le premier à s’être rendu visible, c’est le Tarier pâtre. Il aime se percher pour chasser à vue les insectes. Un oiseau formidable pour les gens indécis comme moi qui se demandent quinze fois comment composer avant d’appuyer sur le bouton.

    Le couple de Tariers a littéralement pris possession du champ. Difficile donc de prédire où il allait se poser et se mettre en affût devant… Après plusieurs tentatives d’approches ratées, j’ai compris qu’il valait mieux accepter le prendre de loin pour ne pas le déranger.

    Linotte miraculeuse

    J’ai en revanche eu davantage de chance avec la Linotte mélodieuse. Ce jour-là, j’allais me poster dans mon buisson favori lorsque j’ai vu ce mâle idéalement posté parmi les fleurs dans la lumière du matin. L’alignement des planètes. C’était le moment que j’avais tant attendu. C’était presque douteux.

    Alors que j’étais complètement visible, j’ai réussi à m’approcher de l’oiseau en restant dans la partie ombragée et me faisant le plus discret possible. Mission accomplie ? Pas si vite ! En faisant mes premières photos, j’ai vite réalisé que faire une bonne composition était bien plus dur que je ne pensais. L’explosion de fleurs, c’est beau, la tige qui dépasse du cadre, ça l’est moins.

    L’autre chose à laquelle il faut penser, c’est essayer de placer l’oiseau sur le fond jaune pour limiter la palette de couleurs dans l’image. Alors on peut tenter ici de faire des incantations pour qu’il change de fleurs, mais le plus simple, c’est de tourner autour pour voir comment le positionner au mieux. De mon côté, si je ne voulais pas renoncer à rester à la même hauteur que lui, il ne me restait plus qu’à accepter d’inclure un peu de ciel dans le cadre.

    Carré vert sur fond jaune

    En un mois et demi, j’ai pu avoir une petite dizaine d’occasions de m’approcher – plus ou moins – d’un oiseau. Je ne dis pas que l’affût est inutile – qui sait, j’aurais peut-être pu trouver un pattern aux rondes des Tariers pâtres – mais il faut vraiment être armé de patience quand le territoire à couvrir est si vaste !

    Du coup, dans ces cas-là, la meilleure solution, c’est de contourner le problème (non, je ne cite pas ma prof de yoga). Finalement, les photos que je préfère sont celles que j’ai faites depuis mes buissons avec les champs de colza en arrière-plan. Alors oui, adieu l’idée de la monochromie, mais n’est-il pas vrai que le jaune et le vert se marient parfaitement ? (dites-moi oui, je vous en supplie)

    Le colza sans les fleurs

    En réalité, la vie dans les champs de colza ne s’arrête pas à la floraison. C’est même plutôt l’aventure qui commence. Les oiseaux sont beaucoup plus nombreux, plus variés et viennent se nourrir des graines, débusquer les insectes ou simplement chanter. Ils sont donc assez souvent perchés, de quoi offrir de plus fréquentes occasions de tenter une approche. Il faut dire qu’à cette époque-là de l’année, il y a des becs à nourrir !

    Si la période où les siliques (ce qui ressemble à une gousse) sont vertes n’est pas la plus passionnante pour moi, leur maturité offre la possibilité de retrouver la couleur jaune, cette fois, sous une teinte plus sable. Trouver les oiseaux devient parfois un vrai défi dans la mesure où leur plumage brun se confond parfaitement avec le décor. Heureusement les cris qu’ils font aident bien à s’y retrouver.

    Par chez moi, les espèces les plus fréquentes sont définitivement les Linottes mélodieuses. Maintenant que les petits sont nés, elles forment à nouveau de larges groupes d’une petite dizaine d’individus. Un avantage comme un inconvénient : plus de chance de repartir avec une photo – là, je ne vous apprends rien ! – mais aussi plus de risques que l’une d’entre elles déclenche l’alerte et fasse envoler toute la bande.

    Opération commando

    Alors comment faire au mieux pour ne pas les déranger en plein repas ? Il est ici inutile d’essayer de se faufiler entre les plants pour aller tirer le portrait d’un oiseau qui se serait mis en plein milieu du champ. Ca craque de trop sous la chaussure et en plus, les tiges ont tendance à s’entrelacer au passage ce qui crée comme des barrières qui te rappellent que non, ce n’est vraiment pas une bonne idée.

    Comme souvent, les meilleurs alliés seront ici la patience avec le sens de l’observation. Je repère d’abord de loin les groupes. Ensuite, arrivé à une certaine distance, je passe en opération commando en me faisant le plus bas possible ou même en rampant (mes genoux me remercient encore) jusqu’à arriver à une distance acceptable pour les photographier sans les effrayer. L’objectif ici : éviter avant tout qu’ils détectent mon ombre.

    Une fois en place, il ne me reste plus qu’à attendre que l’un d’entre eux veuille bien s’approcher. Car ce n’est pas le tout de repérer un oiseau qui semble posé : une fois qu’il n’y a plus rien à manger, il n’y a plus de raison de rester ! Je me suis fait avoir plusieurs fois à ce jeu.

    A force de tentatives et en revenant aux endroits qu’ils aiment le plus, j’ai fini par me trouver à proximité d’un couple de Linottes qui a bien voulu tolérer ma présence et m’offrir le cliché qui devait conclure cet article !

    BILAN

    J’ai aimé

    • Le jaune (il vaut mieux)
    • Avoir une couleur inédite en arrière-plan des photos prises dans les buissons
    • L’étendue des champs
    • Le festival d’oiseaux une fois le colza à maturité

    J’ai moins aimé

    • Les heures d’attente dans le flou sans savoir où me mettre
    • Etre trempé en traversant le champ tous les matins où il a plu
    • Le bruit super discret des plants à mon passage une fois la maturité atteinte

    Espèces rencontrées dans le champ de colza en période de floraison : Pipit farlouse (au sol), Alouette des champs (au sol), Merle noir (au sol), Bruant jaune (au sol), Tarier pâtre (perché), Linotte mélodieuse (au sol/perchée)

    Espèces rencontrées dans le champ de colza en fin de floraison : Alouette des champs (au sol/perchée), Merle noir (au sol), Bruant jaune (au sol), Caille des blés (au sol), Tarier pâtre (perché), Linotte mélodieuse (au sol/perchée), Fauvette grisette (perchée), Accenteur mouchet (perché), Chardonneret élégant (perché), Hypolaïs polyglotte (perchée), Moineau domestique (perché)

    Mes conseils :

    • Rester sur les chemins laissés par les tracteurs
    • Jouer avec le premier plan et l’arrière plan pour avoir une seule ligne de netteté
    • Eviter les zones ombragées sans quoi le jaune vire au verdâtre
    • Privilégier les zones en bordure de champ face à des arbustes
    • Accepter de prendre l’oiseau de loin
    • Garder autant de jaune que possible, surtout derrière l’oiseau
    • Eviter les éléments parasites et les fleurs plus hautes que le sujet
    • Se positionner si possible un peu en hauteur pour avoir une vue plongeante
    • Photographier pendant une journée nuageuse pour évoluer plus aisément dans le champ

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