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Les neuf vies d’un Rougegorge dans la ronce

    En photographie animalière, il ne faut pas croire, on est parfois confronté à de sérieux  dilemmes : dois-je partir à la recherche de nouvelles espèces au risque de ne rien voir du tout ou dois-je plutôt faire preuve d’imagination pour redécouvrir ce qui m’entoure ? En période de confinement, la réponse était vite vue. Au point d’en faire une philosophie ?

    Que ce soit parce que ma génération est avide d’instants magiques ou que j’ai du mal à accepter de devoir parfois perdre du temps à effectuer du repérage, il m’est difficile de passer plus de quelques jours sans sortir une image qui me plaît. Dans ces cas-là, je reviens aux fondamentaux : les oiseaux communs. Pour une personne aussi indécise que moi, la contrainte de ne pas aller au-delà d’un kilomètre devient presque une libération. Plus d’hésitation possible entre aller chercher un hypothétique Martin-pêcheur à la rivière ou espérer un migrateur rare dans un champ, le bonheur est dans le jardin.

    Pendant ces quelques semaines, j’ai appris à faire connaissance avec eux. J’ai appris par exemple qu’au moins quatre Rougegorges familiers se partagent le terrain. Il y a ceux qui vivent près de la maison et ceux qui ont élu domicile entre la haie et les buissons de mûres. En faisant ma promenade quotidienne, j’ai remarqué que celui de la ronce se posait régulièrement sur un belle tige en arceau un peu plus haute que les autres et plutôt dépourvue de feuilles. Une idée a alors germé.

    A la recherche de l’idéal 

    Le bois en contrebas qui borde le jardin se trouve à une distance suffisante du perchoir pour constituer un arrière-plan uniforme sur la photo. A la lumière du soir, le soleil inonde de chaleur les feuilles rouge et or dans un décor automnal porté à son paroxysme. Je m’imaginais déjà la scène dans ma tête. Il ne restait plus qu’à concrétiser. 

    Moi qui déteste plus que tout l’auto-satisfaction, je me dis toujours que dès lorsque je réalise une image que j’aime bien, c’est qu’il faut que je persévère. En travaillant encore et encore, ma négligence et ma paresse deviendront forcement évidentes. Alors, je suis revenu plus d’une dizaine de fois. J’ai cherché le meilleur angle, le trou invisible dans la végétation, le fond aux couleurs les plus riches, la position la plus inconfortable.

    Je suis arrivé à la conclusion que je n’ai pas entièrement réussi à créer l’ambiance que j’aurais souhaité. Je m’en suis approché, j’ai vu ce qui me manquait pour y parvenir. Au moins aurais-je essayé ! Je vous présente donc en images la même scène du Rougegorge sur sa tige de ronce sous différentes approches. 

    Impression soleil couchant

    Pour cette première image, le Rougegorge était bien en place au moment où je l’attendais, mais le soleil a fini par faire faux bond !
    Cette fois-ci, la lumière dorée d’un soir d’automne était bien au rendez-vous et créait cette teinte inhabituelle en arrière-plan que je recherchais. Il ne m’a manqué qu’un peu de hauteur pour sortir le ciel de l’image !

    De la vision onirique au cauchemar

    La brume présente cette matinée-là a créé une ambiance presque onirique en recouvrant la scène d’un léger voile, comme si ce qu’on voyait devant nous pouvait disparaître à tout moment.
    Le rêve vire ici au cauchemar. Une simple gratouille peut devenir, en image, une réincarnation de Frankenstein !

    Crépuscule

    LA scène classique de la tombée de la nuit. La faible lumière ne m’a en revanche pas permis de capter ses postures d’intimidation !
    La même scène vue d’un peu plus loin sous un ciel différent, mais cette fois entre les feuilles du mûrier.

    Silhouettes

    La nuit ayant progressé, le Rougegorge se met à chanter. Le jeu d’ombres fait ressortir plus encore la courbe décrite par la tige inférieure du perchoir.
    A la toute fin du jour, le Rougegorge fait tinter son dernier grelot.
    J’ai cherché cette fois à masquer le décor le plus possible.

    Mes conseils

    • Connaître jusqu’où sa propre patience a ses limites
    • Choisir un sujet coopératif pour limiter autant que possible le dérangement
    • Connaître ses habitudes
    • Essayer encore et encore différentes approches d’une même scène
    • Sentir l’ennui arriver… c’est que vous y êtes presque !

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